dimanche, 13 avril 2008
Zac Posen, le flop pour Target
Ah ça on en a parcouru du chemin depuis la collabo Karl Lagerfeld/h&M... Overdose, mauvais ciblage ou mauvais goût, il faut croire que les combinaisons cheap/luxe ne peuvent plus marcher à tous les coups. On aura eu bien tort d'oublier qu'en mode, ce qui est In un jour, est Out le lendemain.
Naïvement, j'avais pensé que Roberto Cavalli arriverait enfin à couler le bateau et lui-même avec. Qui pouvait franchement vouloir de ses robes léopard imprimées sur du synthétique fabriqué en Chine? Et bien tout le monde il faut croire, enfin surtout celles qui avaient eu le courage de se lever à l'aube et de se préparer à la guerre par un froid matin de Novembre 2007.
En 2007, l'Australie, généralement en retard sur le reste du Monde, avait suivi le pas de la recette marketing désormais réputée infaillible. L'année dernière, Stella Mc Cartney, n'écoutant que son sens du business, avait conçu une collection spéciale pour Target. Target AKA le soi-disant H&M américain, implanté aussi en Australie. Je dis soi-disant bien sûr, car quiconque entrant dans l'antre du cheap aura bien vite compris la supercherie. Côté fringues, on est plus près de La Halle aux Vêtements et côté maison, ça vole au niveau de Conforama. Bien loin donc de la success story des suédois.
Mais peu importe, les australiennes, bien dociles, s'étaient précipitées aux portes, battues pour des petits hauts et des trenchs, roulées par terre pour trouver la dernière robe dans leur taille...10 minutes les portants étaient vides et tout était sur Ebay. La routine, quoi.
Puisqu'on ne change pas une équipe qui gagne, cette année chez Target, c'est Zac Posen, l'américain au vent en poupe, qui dixit dans Vogue y voyait là le moyen de mettre son nom sur la carte (australienne en autre). Et bien Zac, je sais pas pourquoi mais là je parie que tu t'en mords les doigts, depuis ton loft de Manhattan. Recette usée et abusée, RP monstrueuse, pub à gogo, toutes les modasses sur les starting blocks, le 3 avril pour la sortie en boutique.
J'avais vu et revu les pièces clé de la collection et n'était pas du tout emballée. Mais comme j'aime bien Zac, je lui laissais le bénéfice du doute. Et j'ai oublié, tout simplement oublié. Et puis plus de 10 jours après le lancement de la collec, soit 10 années lumière en temps modesque, je passe devant un Target. M.C. me demande si je veux rentrer voir la collection (ne vous méprenez-pas, il ne sait pas qui est Zac Posen, mais il écoute quand je parle, la preuve). Je fais la moue. Aller voir des portants vides? Pourquoi?
Mais au loin, j'aperçois les panneaux Zac Posen et en-dessous les portants sont loin d'être vides. Je rentre. On est samedi après-midi, deux nanas regardent un chemisier Zac. Et puis c'est tout. Personne d'autre dans le rayon, qui est plein à craquer. De fringues, j'entends. Toutes les pièces sont bien là chacune avec au moins deux exemplaires dans chaque taille. J'inspecte, hagarde, les pièces une à une. Des matières horriblement cheap, des imprimés dignes de la robe de la tante Jeanne datée 1974, Du vert bouteille hideux. Je ne reconnais pas vraiment Zac. D'ailleurs, je ne reconnais pas du tout la patte créateur quel qui soit. Dans 6 mois, c'est sûr, ces robes traîneront par terre dans un coin du magasin, evec une étiquette - 75%.
Je suis un peu triste pour Zac, donc j'aime beaucoup les "vraies" collections mais je suis ravie d'apercevoir la lumière au bout du tunnel. Les immondices produites par Kate pour Topshop cette saison tenderaient à confirmer ce que j'espère. Avec un peu de chance, bientôt on va pouvoir retrouver une vie normale. A voir en Novembre, ce que Comme des Garçons aura concocté pour H&M, mais j'ai bon espoir. Bientôt on sera débarassées.
Juste pour vous donner une idée de l'étendue des dégâts (imaginez des tissus très épais et raides), Zac Posen pour Target c'est ça:
16:33 Publié dans Fashionitudes | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : zac posen, target, australie








