jeudi, 08 mars 2007

non, rien de rien, non je ne regrette rien

medium_la_mome.jpgBien sûr que je ne regrette pas d'être allée voir La vie en Rose (pourquoi ont-ils changé le titre à l'export, je n'en sais rien, mais c'est vrai que La Môme c'est difficile à expliquer, alors que tout le monde connaît le titre de cette chanson phare). Par contre, malgré ce que j'ai dit à ma nouvelle amie Marion dans le feu du moment, je n'ai pas adoré le film et j'ai été un peu déçue.

On m'avait dit qu'il fallait vraiment aimé Edith Piaf pour aller voir ce film. Moi j'adore ses chansons et j'étais ravie de savoir que je serai servie. 

Première déception: le film est long, un peu trop long. Je vous ai déjà dit ce que je pense des films qui durent plus de deux heures, en général, ils sont un peu longuets et pourraient à mon avis bénéficier d'un petit passage du monteur. Un film bien ficelé n'a pas besoin de toutes ces longueurs.

Deuxième déception: faire mumuse avec le temps c'est bien, mais un film et une histoire qui tiennent debout c'est bien aussi. J'aime les films à flashback mais là c'est trop. Une scène elle a 5 ans, la suivante 40, celle d'après 20, puis 10 ans. Je m'y suis vite perdue et au final je me concentrais sur la couleur de ses cheveux pour savoir à quelle période de sa vie on en était. Je conçois bien que c'est un effet voulu, mais moi j'ai surtout eu l'impression d'une histoire décousue.

Troisième déception: Olivier Dahan pensait-il que tout le monde connaissait déjà l'histoire d'Edith Piaf ? Dans ce cas, pourquoi faire un film racontant sa vie ? J'attendais de ce film d'apprendre beaucoup sur la vie de l'artiste, mais beaucoup de moments importants ne sont que suggérés, à peine effleurés. Et à cause de ce désordre chronologique, on est vite perdus. Un exemple: la scène où on lui annonce la mort de Marcel, son amour, est suivie (si je me souviens bien) d'une scène, 5 ans après, où elle dit à son mari qu'elle souhaite divorcer. D'où il sort, comment elle s'est remise de la mort de son premier amour, pourquoi ils divorcent, on n'en sait rien.

Au final je n'ai pas complétement menti, la performance de Marion Cotillard est époustouflante. J'imagine que jouer une personne réelle doit être encore plus difiicile qu'un rôle fictif, alors incarner une artiste aussi connue et adulée doit engendrer une pression énorme. Ajouter à cela la tonne de maquillage, la posture courbée à adopter et le fait de jouer l'artiste de sa jeunesse à 20 ans jusqu'à sa mort à 47, le défi était énorme. Marion le relève sans peine. Elle est vraiment douée cette petite.

mercredi, 07 mars 2007

Marion et moi

Demain sort à Amsterdam La vie en Rose, plus connu sous le nom de la Môme. Hier était la première au Tuschinsky, le plus beau des cinémas (vraiment si vous passez à Dam il faut aller le voir). Il ne m'a pas fallu longtemps pour me décider à y aller, on annoncait la venue de Marion Cotillard !

Marion ! Mon coeur n'a fait qu'un tour. Elle est tout simplement mon actrice francaise préférée. Un peu comme Scarlett et Kirsten, je vais voir ses films simplement parce qu'elle joue dedans. A partir de la une idée en tête: il faut que je la voie, que je lui parle, que je prenne une photo... c'est pas tous les jours que ma route va croiser celle de Marion Cotillard ! J'en profite pour préciser qu'en général je n'ai pas du tout la groupie attitude. Par contre je suis bornée, et une fois que j'avais decidé que ce serait ma seule et unique occasion de lui parler de toute ma vie, j'étais cuite, il fallait que je le fasse.

Bref, après le film, on l'invite sur scène avec Olivier Dahan pour répondre à quelques questions. Avec sa robe manteau à jabot et pli creux, et ses babies dorées foncé, elle est tout simplement adorable. A ma grande surprise, je la trouve plutot timide et un peu mal à l'aise devant les questions (un peu nulles) du présentateur.

Après cela, un mini concert avec une mime de Piaf est donné, un peu raté d'ailleurs. Je me concentre sur mon objectif. Nous sortons de la salle.  Pas de Marion en vue. Mais c'est bien sûr, elle doit être encore sur le balcon, l'espace VIP. Je monte les marches 4 à 4 et je stoppe net  devant l'entrée gardée par une hôtesse. Je tâte le terrain, elle ne demande pas les cartons d'invitation. Je me faufile à l'intérieur. Et là Marion est à deux pas de moi, se dirigeant vers la sortie. Il faut faire vite. Ni une ni deux, je saute sur elle.

Et là c'est le drame. Je ne sais pas quoi dire. Je n'ai pas préparé de speech. Je suis juste devant Marion Cotillard et je ne sais pas quoi lui dire. Je sens son manager qui s'impatiente derrière. J'ouvre enfin la bouche et sans réfléchir, je débite: euh Marion euh... je vous adore... euh... j'ai adoré le film... euh... j'adore vos films... euh... je les ai tous vus euh...

Quelle nouillasse ! Je ne parle pas sur un ton admiratif, mais avec un soupir saccadé, genre je prononce mes derniers mots avant la chaise électrique. Pendant tout ce temps, Marion lève la tête vers moi (elle fait 20 cm de moins) et hoche avec un grand sourire en disant merci à chacune de mes phrases. Moi je serre frénétiquement sa main, qui menace de se décoller de son poignet. Pour être honnête je crois qu'elle avait un peu peur. Il avait plu toute la journée, mes cheveux faisaient la fête sur mon crâne, mes yeux étaient glonfés des larmes coulées pendant le film et mes joues toutes rouges de honte. 

A ce moment, je me rends compte que j'ai grillé mes cartouches avec Marion, et qu'au lieu de passer pour une fille cool qui l'apprécie en tant qu'actrice, j'ai donné l'impression d'être une ado en pleine puberté rencontrant un membre des Take That. Finir sur une touche distinguée, finir vite car tout le monde s'impatiente. Pour la touche distinguée on repassera, je ne suis pas douée sous la pression et je sors un stupide "Marion, je peux vous faire la bise ?" et avant qu'elle n'ait pu répondre, je lui en claque deux. Franchement je ne sais pas ce qui m'a pris. Sur ce, tout ce beau monde est parti, Olivier Dahan passant devant moi avec un petit regard de dédain (voulait-il lui aussi un petit bisou ?).

Et moi je suis restée plantée là toute penaude, rougissant de mes gaffes. Grand moment de solitude. Aujourd'hui j'ai décidé d'en rire. Si je n'étais pas allée voir Marion je m'en serai trop voulu, et puis elle m'a probablement déjà oublié. Et puis, m'en fous, j'ai tapé la bise à Marion Cotillard. Nananananère.

 

PS: please, dîtes-moi que ça vous est arrivé à vous ici un truc comme ça ?