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lundi, 19 novembre 2007

Mood

Les périodes de transition me donnent toujours un sentiment de désagréable, d'inconfortable. Ces périodes où l'on a déjà tourné la page dans notre tête mais pas encore dans la réalité. C'est ce que je vis en ce moment. Mes deux dernières semaines dans cette vie. C'est plus qu'une ville que je quitte, c'est aussi bien sûr des amis, collègues, un boulot, un appart, des paysages romantiques, mes endroits préférés, un climat, une culture et toutes mes habitudes... non pas que je vais regretter le climat, ou la culture qui ne me convenait pas trop, et je pense que les habitudes sont faites pour être bousculées, mais en ce moment, tout a tendance à me rendre nostalgique.

 C'est une période presque irréelle où tout ce que l'on a pris pour acquis pendant des années disparaît devant nos yeux, où l'on passe plus de temps avec des amis perdus de vue il y a deux ans qu'avec ceux qui comptent vraiment, où l'on doit s'expliquer, voire se justifier des choix que l'on a fait, et qui, même s'ils sont déjà de l'histoire ancienne pour nous, continuent de subjuguer la population. D'ailleurs, pour casser l'effet OMG*, j'en arrive à prendre mon air le plus détendu et lancer un super casual "oui bon je pars vivre à l'autre bout du monde, so what ?". Et puis comme j'aime bien torturer mes interlocuteurs juste pour rire, je rajoute généralement "un boulot ? Comment ça un boulot ? First things first, d'abord je vais me prélasser sur une plage pendant quelques semaines, le reste, gagner sa vie tout ça, c'est du détail". 

Je n'ai pourtant pas envie de bâcler ces dernières semaines en terre hollandaise, et je m'acharne à passer yet another** un coup de fil et à lancer yet another** une invitation à ma soirée de départ, mais mon impatience légendaire a très envie de fast-forwarder à dans quelques semaines. Est-ce pour cela que je commence déjà à m'occuper des cadeaux de Noël ?

Je redoute aussi le sentiment de "non-fini" qui ne va pas manquer de m'assaillir bientôt, celui-là même qui s'installe au moment de partir en vacances, quand on est sur le point de quitter la maison, et que même si l'on a tout passé en revue dix fois, l'impression d'avoir oublié quelque chose ne nous quitte pas... Je passe donc en revue toutes les personnes qui ont compté un peu ou beaucoup au cours de ces dernières années, tous les endroits où j'ai voulu aller, toutes les choses que j'ai voulu essayer, et j'en (re)découvre chaque jour plus, ce qui ravive de tas de souvenirs, d'une vie qui n'existe déjà plus... Tellement de gens que je ne reverrai plus, tellement de moments qui appartiennent déjà à un passé qui semble lointain...Ne vous méprenez pas, il y a aussi un tas d'amis proches qui prévoient déjà leurs vacances en Australie, mais ils sont une minorité par rapport à tous ceux qui ont croisé ma route au cours de ces trois dernières années...

En fait quitter une vi(ll)e en soi, même par choix, volonté, envie et désir, c'est plutôt déprimant. Résiliation de contrats, démission, états des lieux, déménagement, ... rien de très joyeux. On finit, on boucle, on tire le rideau. Puis vient le moment des derniers: derniers après-midi entre filles, dernier repas dans son resto préféré, dernière visite à L'amandier en Fleurs, mon tableau préféré de Van Gogh...

Je m'imagine déjà assise dans le Thalys, me retournant jusqu'au dernier des derniers moments pour apercevoir la dernière maison de briques rouges... Ce ne sera pas la première fois où il aura fallu jeter un dernier regard, un peu nostalgique mais pas trop larmoyant, en route pour une vie meilleure, je connaîs bien le sentiment... mais il reste le même à chaque fois. Au moment dernier, seuls les bons souvenirs ressurgiront, forts à faire douter, et apporteront avec eux un pincement au coeur qui ne s'évaporera qu'à la porte de cette nouvelle vie qui n'en peut plus d'attendre. 

 

* OH MY GOD ! = le genre de réaction que tu reçois quand tu annonces un changement de vie, donc

** Nan je me la joue pas je parle english, il y a des trucs qui ne se traduisent pas, c'est tout. 

Commentaires

Tu sais quoi ? c'est la nostalgie ... & C'est normal. Tu sais ce que tu quittes. Tu ne sais pas ce que tu vas trouver. Mais quand on prend des risques, on trouve toujours mieux ...

Ecrit par : Rosemary | mardi, 20 novembre 2007

Tu as l'air très nostalgique là...

Ecrit par : Mlle E | mardi, 20 novembre 2007

Ce n'est pas exactement la même chose, mais ça me fait penser à ce que je ressens depuis que mes parents ont vendu la maison d'enfance, il y a quelques semaines. Ca fait 10 ans que je vis ailleurs, et je suis très bien chez moi, mais bon...
Et tu vas voir, deux semaines, ça passe vite, bientôt en France pour une dernière tournée d'adieu, et hop! à la plage.
Au fait, tu es déjà allée en Australie?

Ecrit par : Natural Born blonde | mardi, 20 novembre 2007

"On ne peut jamais tourner une page de sa vie sans que s'y accroche une certaine nostalgie."

Bon je ne sais plus de qui c'est mais c'est tout-à-fait ça!
Allez, profite à fond de ces derniers instants et tourne toi vers l'avenir, d'autant que maintenant tu ne pars plus seule à l'aventure mais bien accompagnée...

Ecrit par : Marie-golote | mardi, 20 novembre 2007

Tous ces sentiments qui se mélangent... affronter l'inconnu et dire au revoir... c'est jamais évident! Allé, veel succes in uw nieuwe leven! si tu parles un peu néerlandais depuis, sinon: tous mes encouragements positifs pour cette nouvelle vie qui se profile devant toi et que tu as pu saisir s'envolent vers toi!

Ecrit par : NoBlush | mardi, 20 novembre 2007

Allez ne te laisse pas attaquer par la nostalgie avant même de partir Vendredi13 ! Tu sais que tu as pris la bonne décision, courage !

Ecrit par : Marieand | mardi, 20 novembre 2007

Ah la nostalgie, j'aime pas non plus ces moments de transition. Meme si on sait qu'il y a quelque chose de bien qui nous attend, on ne peut s'empecher d'etre triste. C'est toujours difficile de quitter une vi(ll)e. C'est un peu un morceau de soi qu'on y laisse. Bon courage en tout cas, et dans 2 mois, quand tu seras sur la plage a buller, tout ira pour le mieux ! ;-)

Ecrit par : Nad | mardi, 20 novembre 2007

C'est un très beau billet que tu nous as fait là, un peut tristoune, mais je pense que tu as très bien traduit cette impression que l'on a toutes déjà ressenti à l'une ou l'autre occasion! Que dire? Sinon, keep going, ce n'est évidemment pas une fin en soir, et tu vas voir, c'est le cap vers une nouvelle aventure qui sera tout aussi exaltante!

Ecrit par : zabou | mardi, 20 novembre 2007

@ Rosemary: je sais que c'est normal, mais c'est quand meme une periode assez bizarre !
@ Mlle E: un petit peu, pas tant que ca en fait, car ca fait tres longtemps que je sais que je vais partir... mais c'est vrai que ces dernieres semaines sont assez speciales !
@ Natural Born Blonde: si c'est un peu pareil, je comprends bien... Et non je ne suis jamais allee en Australie, ce sera donc une totale decouverte...
@ Marie-golote: c'est joliment dit !
@ Noblush: oui je parle un peu hollandais.. merci :-)
@ Marieand: Merci !
@Nad: oui c'est tres melancolique comme sentiment...
@zabou: merci... oui je ne perd pas de vue ma nouvelle aventure !

Ecrit par : Vendredi 13 | mardi, 20 novembre 2007

pour l'avoir déjà vécu auparavant je comprends tout à fait ce que tu ressens et c'est vrai que des fois on a envie d'en finir vite pour passer à la prochaine étape dans l'inconnu, c'est excitant et frustrant à la fois...

Ecrit par : Fressine | mardi, 20 novembre 2007

Ah les départs je connais et cette peur de tourner définitivement la page que l'on écrit depuis plus ou moins longtemps et l'exitation d'en commencer une nouvelle avec tout de même une petite appréhension.
Tu pars pour longtemps?
En tout cas je te souhaite d'en profiter à fond car ça passe vite. J'ai une amie qui est partie depuis plus d'un an, elle rentre dans moins d'un mois et elle a le blues car c'est passé super vite ...
En tout cas tu as bien de la chance!

Ecrit par : Elodie | mardi, 20 novembre 2007

tu écris et décris si bien tout ça
:o)

Ecrit par : Nezumi | mardi, 20 novembre 2007

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